Espérer sa présence !

            Espérer sa présence ! Voilà le thème qui nous est proposé cette année pour l’Avent. C’est un thème qui tombe à point dans le contexte que nous vivons, celui d’une pandémie qui met à dure épreuve notre espoir et qui nous prive de relations humaines nécessaires à notre bien-être, physique, moral, affectif et social. Nous souffrons du manque de la présence des autres et de ne pas pouvoir être présents, comme nous l’aimerions, aux membres de notre famille, aux amis, aux gens qui nous entourent.

            Si l’on vous posait cette question : Qu’est-ce qui vous manque le plus depuis l’apparition de la COVID-19 ? Plusieurs d’entre vous répondraient sans doute, mes enfants me manquent, les câlins des petits-enfants, les bons repas en famille ou en présence de gens qu’on aime, les embrassades, les accolades, les contacts avec les gens du quartier, de la paroisse, la messe.

            Devant cette situation inhabituelle, nous sommes tous plongés dans une longue attente, l’attente de sortir de cette situation de confinement, de sortir de cette crise… attente qui sera peut-être comblée par l’apparition d’un vaccin.

            À nouveau, le temps de l’Avent nous est donné pour fortifier notre espérance et pour soutenir ceux et celles qui chancellent et qui sont aux prises avec le découragement, le désespoir, l’anxiété, la peur…

            Le temps de l’Avent nous rappelle que notre vie est une longue marche à la rencontre du Seigneur qui ne cesse de se rendre présent à nous. Il s’est fait présent tout au long de l’histoire du salut, il s’est fait présent dans le passé, il est venu parmi nous en Jésus, il nous indique le chemin du bonheur et nous invite à prendre part à la construction de son Royaume de justice de paix et d’amour. Il se fait présent aujourd’hui par sa Parole, par les sacrements, dans la prière, par les communautés chrétiennes, par tous ces gestes d’entraide et de partage, de solidarité que tant de personnes posent aujourd’hui. Il se fera présent lorsqu’il reviendra dans la gloire. Et c’est dans l’espérance que nous attendons ce retour glorieux de Jésus.

            Nous ne pouvons céder à la peur et le découragement. Le Seigneur continue de venir parmi nous, de se rendre présent. Nous sommes accompagnées par celui que nous attendons. Bon Avent ! 

 Noël Simard, Évêque de Valleyfield

 





Célébrations liturgiques


 



Nos sincères condoléances à la famille de


M. Yves Arbic, 67 ans,


époux de Mme Francine Grondin


M. Arbic était marguillier et un bénévole actif dans notre paroisse.

 



La couronne de l’Avent

           

Une étrange histoire

L’histoire de la couronne de l’Avent est à la fois étrange et belle. Elle nous vient d’Europe et plus précisément des pays nordiques là où, comme au Québec, il fait noir à bonne heure quand arrive l’automne. S’installe alors un rapport bien particulier à la lumière et à sa symbolique comme défi aux ténèbres envahissantes.

Évidemment dans le monde qui est nôtre où les excès d’éclairage contraignent à parler de pollution lumineuse, il n’est peut-être pas facile de comprendre le pouvoir évocateur de l’allumage progressif et solennel de bougies pour évoquer la venue du Christ lumière des nations.

Un lustre

Regardons attentivement ces couronnes qui nous sont maintenant familières, ces objets circulaires garnis de verdure et de bougies. Elles sont parfois posées à plat sur une table ou plus souvent légèrement inclinées et supportées par un piétement comme à l’église. Même si ce n’est pas évident, elles sont en fait les vestiges de lustres dont l’origine est pour le moins singulière. Tout simplement descendus, ils se sont retrouvés posés sur des supports.

Peter Mazar un liturgiste américain d’origine hongroise raconte que durant l’hiver, les routes médiévales des pays d’Europe centrale devenaient impraticables. Boue et gelée risquaient alors d’endommager gravement les roues de voiture, objet précieux et indispensables. Difficiles à fabriquer et à entretenir, on en prenait grand soin.

Quand arrivait la saison froide elles étaient démontées puis suspendues au plafond des maisons, afin qu’elles puissent hiverner bien au chaud et au sec. Les chrétiens auraient pris l’habitude de les décorer et probablement de les garnir de bougies. Ce rituel hivernal serait à l’origine de la coutume associée à l’Avent consistant à façonner des cercles de verdure, à les suspendre comme un appareil d’éclairage et à y allumer des bougies pour rythmer les semaines de préparation à la fête de Noël. Ce sont là nos couronnes nées en milieu rural. À cause de leur pouvoir évocateur, elles sont passées des maisons à l’église.

Une fonction symbolique

Quand on connaît l’appétit insatiable des médiévaux pour les symboles, il ne faut pas s’étonner qu’on ait cherché à les surcharger de significations. Le cercle évoquerait l’univers et la circularité de l’année, la verdure parlerait de la permanence de la vie, son centre symboliserait une ouverture dans le ciel pour que vienne le Sauveur, quant aux quatre bougies, avant même d’être associés aux dimanches de l’Avent, elles désigneraient les prophètes qui l’ont annoncée. Qui dit mieux?

Mais ce qu’il importe ici de retenir c’est bien davantage le geste rituel qui accompagne une couronne de l’Avent. Il met symboliquement en communion avec une dimension du mystère chrétien qui se profilent tout au long de l’Avent.

L’art de devancer l’aurore

L’allumage progressif des bougies est donc ici premier. Son intérêt tient dans sa dimension ludique qui n’est pas sans intérêt pour les petits et même avec les grands… Pour s’en convaincre, il n’est que de se référer au psaume 118, verset 148e : « Je devance l’aurore et j’implore. Mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse ».

En allumant une à une les bougies de l’Avent (au nombre de quatre en fonction des quatre dimanches) on chasse symboliquement les ténèbres. Les intervenants miment ainsi l’aurore qui se lève et s’amusent à le devancer en quelque sorte. Symboliquement « les yeux devancent la fin de la nuit ».

Est ainsi annoncée la venue du Christ lumière.

Le violet couleur de l’aurore

Dans cette perspective, il n’est pas sans intérêt de dire un mot de la couleur liturgique accompagnant visuellement le temps de l’Avent et du Carême va sans dire, puisqu’il en est le calque. Si l’on demande à un habitué de la pratique religieuse quelle est sa signification, il vous répondra tout spontanément qu’il s’agit de la couleur de la pénitence.

Comme on a appris à associer les mots pénitence et Carême, on a fait de même avec sa couleur caractéristique. Pourtant, quand on laisse la parole à la couleur, nous découvrons qu’elle a des choses à nous dire et qu’elles sont d’un autre ordre.

Si vous demandez à un marchand de couleurs de vous fournir quelque chose qui évoque la pénitence, il sera bien embêté. Mais si vous lui parlez des couleurs de l’aurore et de l’aube qui la précède, il étalera devant vous une belle gamme de violets. Parlez-lui de tons feutrés, de couleurs toutes intérieures et la gamme sera la même.

C’est ainsi que le violet serait d’abord la couleur de l’aube, la première du spectre solaire, une couleur familière aux veilleurs, à ceux qui guettent l’aurore. La couleur de l’intériorité et de ceux qui savent devancer la fin de la nuit. Si cela est vrai pendant l’Avent, ce l’est encore davantage en Carême alors que l’aube attendue est celle de la résurrection.

Un signe

Même si le geste de l’allumage demeure premier, déjà la seule présence d’une couronne toute prête avec ses quatre bougies traduit déjà la hâte de voir arriver Noël. Ne reste plus qu’à en prendre la mesure et à réveiller le veilleur qui sommeille en nous.

Bon Avent !

Jacques Houles, c.s.v.

https://lourdesrigaud.ca/couronne-avent/