Célébrations liturgiques


 



 




Bach, le Temple de l’Esprit Saint

 

              La foi inébranlable de Bach est un témoignage des plus intéressants. D’emblée, on ne perçoit pas Bach comme un homme très croyant, son répertoire de musique religieuse n’étant pas celui auquel on pense en premier (bien avant viennent Schubert ou Haendel).

 

              Et pourtant, ce répertoire sacré est très complet, le compositeur ayant été responsable de la musique de quatre églises au cours de sa vie. Ce luthérien affirmé inscrivait systématiquement Soli Deo Gloria (« à Dieu seul la gloire ») ou encore Jesus juvat (« Jésus aide ») sur ses manuscrits.

 

              Dès sa tendre enfance, il est un bon écolier, particulièrement en latin. Plus il grandit, plus son talent en théologie se développe, pour devenir chez lui un objet de passion. Sa bibliothèque témoigne de cet amour: elle est partagée entre ouvrages musicaux et ouvrages de théologie luthérienne et de piété.

 

              Son premier acte de foi est sans conteste sa musique, qu’il considère comme l’un des plus doux présents de Dieu. Pour lui, la Passion du Christ est la source d’inspiration ultime des musiciens. Celui qu’on a appelé le chantre de la doctrine luthérienne exploitait dans sa musique les thèmes du salut, du Christ sur la croix, de la confiance du chrétien en Dieu, confirmant ainsi sa confiance en la fécondité musicale conférée par le Christ.

             

              Sa foi se concrétise dans la mort tout autant que dans la vie. Bach devient orphelin très tôt, et voit plusieurs de ses proches décéder au fil des ans. La mort devient pour lui une force et se transforme en une source de vie qu’il puise dans le Seigneur. C’est une manière pour lui de s’abandonner à la volonté divine. Il la voit comme une certaine délivrance, un apaisement; après tout, ne l’amène-t-elle pas au royaume de Dieu ?

 

Extrait d’un texte de Frédérique Francoeur, La foi composée,

publié dans Le Verbe, 5 août 2020