Célébrations liturgiques



Message de Mgr Noël Simard - Carême 2019

PRENDS LE TEMPS…

            Chaque année, le Carême nous offre la possibilité de nous ouvrir davantage à Dieu et aux autres, en prenant les moyens que l’Église nous propose : la prière, l’aumône et le jeûne. Certains vont dire que ces moyens sont dépassés et qu’il faut plutôt parler de spiritualité, de simplicité volontaire accompagnés du respect de la création, et de partage. Quoi qu’il en soit, ces moyens sont toujours d’actualité et nous interpellent pour faire la vérité dans nos vies et discerner les dangers qui nous menacent et qui risquent de refroidir nos coeurs et d’éteindre l’amour, tels que l’avidité de l’argent, le mensonge, le refus de Dieu et le refus de l’autre, spécialement de l’autre démuni, malade, âgé, étranger ou différent. Ces moyens nous permettent aussi de revitaliser notre marche à la suite du Christ et de vivre en ressuscités.

Prends donc le temps pour prier :

prier pour aller à l’essentiel et en profondeur. Prier pour écouter et laisser la Parole démasquer ce qui est faux et superficiel dans nos vies et dans notre monde. Prier pour ranimer la flamme dans un coeur à coeur avec Dieu et en communion avec la communauté qui nous invite chaque dimanche à célébrer l’eucharistie.

Prends le temps pour jeûner !

Jeûner pour creuser en nous le désir de Dieu, pour éprouver ce que vivent tant de frères et soeurs qui manquent du strict nécessaire, pour entendre le cri de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Comme l’écrit si bien le pape François dans son message du carême de 2018 : «Le jeûne nous réveille et nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain».

Prends le temps de faire l’aumône !

Faire l’aumône pour lutter contre la recherche effrénée et l’accumulation des biens matériels. Faire l’aumône ou partager pour découvrir que l’autre est mon frère, ma soeur et que ce que je possède n’est jamais seulement à moi.

« Comme je voudrais, dit le pape François, que l’aumône puisse devenir pour nous un style de vie authentique ».

            Du 2 au 13 février, j’ai eu le bonheur de vivre une expérience inoubliable et enrichissante aux Philippines. J’accompagnais une délégation de Développement et Paix pour «voir» sur place les réalisations extraordinaires soutenues par Développement et Paix. C’était aussi et surtout pour participer à l’inauguration du «Pope Francis Village» à Tacloban, une ville très durement touchée par le typhon Yolanda en 2013, typhon qui a semé la mort et la destruction. Grâce à la détermination et au courage des survivants, grâce au soutien moral et financier de plusieurs partenaires dont Développement et Paix, le village du Pape François offre maintenant un logement neuf et décent à 563 familles. Quel exemple d’entraide et de solidarité qui touche le coeur trop souvent refroidi et qui donne des ailes à l’espérance !

           

            Prends le temps de laisser parler ton coeur et contribue généreusement au Carême de partage de Développement et Paix dont le thème est «Partagez le chemin avec comme sous-titre Personne ne devrait être forcé de fuir son pays». Et la photo choisie est celle d’un jeune réfugié rohingya vivant dans le camp de Kutupalong au Bangladesh. Dans ce carême 2019, je prends le temps pour faire un pas de plus dans la prière, le jeûne et l’aumône afin d’arriver à Pâques avec un coeur plein de vie et brûlant de foi, de charité et d’espérance.

Noël Simard

Évêque de Valleyfield



Pourquoi le prêtre dépose-t-il des cendres sur

le front des fidèles le mercredi des Cendres ?

Le mercredi des Cendres marque l'entrée officielle en Carême et dans le cycle pascal. Il peut tomber n'importe quel mercredi entre le 4 février et le 10 mars, en fonction de la date de Pâques. Les cendres qui proviennent des rameaux de l'année précédente, brûlés pour l'occasion, sont déposées sur le front des fidèles. Cette coutume de se couvrir la tête de cendres est une ancienne pratique pénitentielle qui remonte au peuple hébreu.

 

Aux commencements du christianisme

Ce rite des cendres n'était pas directement associé au début du Carême. Vers l'an 300, il fut adopté par certaines Églises locales et intégré au rite d'excommunication temporaire ou de renvoi des pécheurs publics de la communauté. Ces personnes s'étaient rendues coupables de péchés ou de scandales majeurs (péchés capitaux).

 

Au VIIe siècle environ

Cette coutume donna lieu, dans certaines églises, à un rite public du mercredi des Cendres. Les pécheurs confessaient d'abord leurs péchés en privé. Puis ils étaient présentés à l'évêque et mis publiquement au rang des pénitents, ils devaient se préparer pour recevoir l'absolution donnée le Jeudi saint. Après une imposition des mains et des cendres, ils étaient renvoyés de la communauté comme Adam et Eve l'avaient été du paradis. Bien sûr, on leur rappelait que la mort est la conséquence du péché : "Oui, tu es poussière et à cette poussière tu retourneras" (Genèse 3,19).

Les pénitents vivaient en marge de leur famille et du reste de la communauté chrétienne pendant les quarante jours du Carême. La cendre dont ils étaient couverts permettaient de les reconnaître lors des assemblées ou aux portes de l'église où ils étaient relégués. Cette pratique pénitentielle impliquait généralement de s'abstenir de viande, d'alcool, de bain. Il était également interdit de se faire couper les cheveux, de se raser, d'avoir des relations sexuelles et de gérer ses affaires. Selon les diocèses, il arrivait que certaines pénitences durent plusieurs années, voire toute la vie.

 

Au cours du Moyen-Âge jusqu’à ce jour

'est la dimension personnelle du péché, plutôt que son caractère public, qui fut objet d'insistance. Par conséquent, les traditions associées au mercredi des Cendres furent appliquées à tous les adultes de la paroisse, mais sous une forme mitigée. Au XIe siècle, les pratiques en usage étaient fort semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui. Depuis quelques années, il existe une alternative à la formule traditionnelle pour l'imposition des cendres. Elle met en valeur un aspect beaucoup plus positif du Carême : "Convertissez-vous et croyez à l'Evangile" (Mc 1,15).

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